Transcription préparée par Media Q Inc. exclusivement pour AINC
DATE: 18 mars 2009
ENDROIT: Musée de la Civilisation, Ottawa, Ontario
PRINCIPAUX: Dr. Wendy Watson Wright, sous-ministre adjointe, Pêches et Océans
Dr. Louis Fortier, directeur scientifique, ArcticNet
Dr. Mike Hammill, chercheur, Marine Mammal
Biology Conservation, Pêches et Oceans
Caroline Weetaluk, chercheur et collaboratrice, étude des bélugas
Samantha Darling, Étudiants sur la glace, Students on Ice
Dr. Jan Bottenheim, chercheur et scientifique, Environnement Canada (via satellite)
SUJET: Webdiffusion d’une présentation intitulée « Oceans and Marine Life Polar Day»
Dr. Wendy Watson Wright: Bonjour tout le monde. J’aimerais vous souhaiter la bienvenue à tous à cette webémission spéciale pour célébrer la journée polaire sur les océans et la vie marine. La contribution du Canada cette 4e année polaire internationale englobe 44 programmes qui soutiennent deux thèmes : la recherche sur les impacts et l’adaptation liée aux changements climatiques et la recherche sur la santé et le bien-être des résidents du nord.
Le gouvernement du Canada a alloué 150 millions $ pour l’API pour une période de six ans dont 100 millions pour la recherche scientifique. L’engagement scientifique très vaste du Canada comprend six importants projets de recherche pour l’API menés par mes collègues du secteur des sciences, des Pêches et Océans Canada. Ces projets sont axés sur les changements climatiques dans l’Arctique et leurs impacts sur les écosystèmes et le milieu biologique marin de l’Arctique. Les programmes de recherche de l’API menés sur des brise-glaces de la Garde côtière canadienne ont donné un aperçu de l’état actuel de l’environnement polaire et du rôle prépondérant des océans dans le changement de climats.
Au cours de notre étude sur leur terrain, le secteur des sciences du MPO s’est largement appuyé sur nos guides du nord et sur les fournisseurs de services logistiques y compris l’étude du plateau continental polaire, une division des ressources naturelles du Canada. Bien que la deuxième campagne sur le terrain officiel ait pris fin le 1er mars 2009, les activités scientifiques qui se poursuivront génèrent beaucoup d’enthousiasme.
Le legs de la 4e année polaire internationale sera une nouvelle génération de scientifiques des affaires polaires, des recherches innovatrices, des réseaux de surveillance de l’Arctique à long terme et un système d’observation qui continuera que par le biais d’ArcticNet et de l’Année polaire internationale d’approfondir notre compréhension de l’environnement polaire du Canada dans le futur. Le recrutement et mentorat de nouveaux talents représentent également une autre priorité du secteur des sciences du MPO. Je vois de nombreuses personnes talentueuses dans l’auditoire. Les projets de recherche portant sur l’Arctique comprennent la participation d’étudiants de niveau post-secondaire par l’entremise du programme de mentorat pour les jeunes du nord. Ces initiatives contribueront à doter le Canada de l’expertise nécessaire pour effectuer des recherches de première classes sur les pêches et le monde aquatique pour les années à venir.
Et nous mettons l’accent dans d’autres domaines. Dans son dernier budget, le gouvernement du Canada a accordé 2 millions $ pour qu’une étude de faisabilité soit entreprise par l’Institut Canadien de recherche sur l’Arctique. De plus le ministère des Affaires indiennes et du nord canadien jusqu’à 85 millions $ au fonds de l’entretien ou de la modernisation des installations de recherche essentielle dans l’Arctique au cours des deux prochaines années, des installations de recherche dans l’Arctique bien conçues et bien entretenues sont indispensables pour la recherche dans cette région. L’événement d’aujourd’hui représente tout à fait la nature collaborative de l’année polaire internationale et de la recherche dans l’Arctique.
Je vais maintenant vous dire quelques mots sur nos conférenciers. We have Louis Fortier, directeur scientifique d’ ArcticNet. Il est peut-être le spécialiste de l’Arctique le plus connu. Il dirige présentement à partir de l’Université Laval un impressionnant programme scientifique multidisciplinaire et international axé sur les changements climatiques et l’adaptation. Louis et son équipe de chercheurs étudient les changements climatiques à partir du Amundsen, un brise-glace canadien spécialement équipé pour mener des recherches scientifiques grâce à ses laboratoires et à son puits central. Vous pourrez certainement voir tout cela au cours de sa présentation.
J’ai assisté dernièrement à une conférence scientifique d’ArcticNet et j’ai pu constater que par le biais d’ArcticNet et l’année polaire internationale, une génération complète d’étudiants diplômés canadiens ou du monde entier, non seulement étudient l’Arctique, mais y sont entièrement dévoués.
Monsieur Mike Hammill de Pêches et Océans Canada est également présent. La carrière de Mike dans la fonction publique devrait être une inspiration pour tous ceux et celles qui pensent que les activités fédérales en sciences ont lieu dans les cubicules. Mike pourrait être surnommé monsieur ‘mammifères marins’, Mr. Marine Mammal. Son bureau comprend la Baie d’Hudson et la Baie James. Ses fonctions comprennent le dépistage de bélugas au moyen d’émetteurs satellites. Les conclusions de son projet pour l’API contribueront à améliorer la gestion des bélugas qui font partie intégrante des renseignements sur l’état des écosystèmes de la Baie d’Hudson et de la Baie James et sur la façon dont les bélugas s’adapteront aux changements climatiques. En raison de leur tôle de premier plan dans l’écosystème de l’Arctique, la santé des bélugas est très importante pour toute la vie de l’Arctique.
From Environment, We have Mr. Doug Bancroft who is the director of the Canadian Ice Service. The Ice Service is our leading authority on ice on Canada’s navigable waters. High technology is at the heart of everything the ice service does. Their experts use state-of-the-art technology for the remote collection of ice and iceberg data. This includes radar imagery from satellites and reconnaissance aircraft.
And coming live via satellite from the ice of the Beaufort Sea, we have Dr. Jan Bottenheim from Environment Canada, senior research scientist and lead investigator on the OSAIS Canada project and his colleague, Alexandra Stephan. They will tell you about what they are doing with a sled called OUTI, a sophisticated fully automated chemical laboratory developed by Environment Canada for extreme Arctic conditions. And now, I would like to turn you back to our master of ceremonies for today’s events, my colleague Serge Labonté, who is going to tell us about the special group of students who are going to kick off our Oceans and Marine Life International Polar Day event. So Serge, over to you. Merci beaucoup.
Serge Labonté: Merci, Wendy. Avant de continuer, j’aimerais vous donner notre adresse électronique qui est le ipdjpi@gmail.com encore une fois, c’est ipdjpi@gmail.com, Journée polaire internationale Inuit. Un de nos thèmes d’aujourd’hui, c’est de nous assurer que la connaissance traditionnelle est intégrée avec ce qu’on apprend de la science occidentale pour le bienfait de tous les habitants du nord.
(Portion manquante) ...l’apprentissage interculturel. En effet des étudiants inscrits au Nunavut Suvanik Savut d’Ottawa nous offriront un spectacle culturel. Nunavut Suvanik Savut est un programme collégial unique de huit mois à Ottawa. C’est destiné aux jeunes inuit qui veulent profiter des possibilités de carrière que leur procurent l’accord sur les revendications territoriales du Nunavut et le nouveau gouvernement du territoire. En plus, auprès d’artistes chevronnés, les étudiants y apprennent des chants inuit et le chant de gorge, le tambour et la danse; leurs performances enrichissent notre communauté en nous sensibilisant à la culture inuit, en nous faisant connaître le Nunavut.
Artiste du Nunavut Suvanik Savut: Pouvez-nous m’entendre. Aujourd’hui nous allons commencer par le chant d’hôte, c’est une forme de musique qui a été faite traditionnellement entre deux femmes. Ces chants imitent la nature et l’environnement ainsi que d’autres chansons de compétition. Donc on a leader et un suiveur, où le leader fait un son et le suiveur fait le même son après. Je vais demander à Janison (ph.) de venir faire la moustique, le moustique.
Performance de Nunavut Suvanik Savut
Artiste: J’aimerais vous mentionner également, vous continuez jusqu’à ce que la première personne fait une faute et est trop fatiguée pour poursuivre. Ce chant est intitulé « Le vent ».
Performance de Nunavut Suvanik Savut
Artiste: Le prochain chant porte sur une chanson d’amour.
Performance de Nunavut Suvanik Savut
Artiste: Le prochain chant est une chanson de compétition.
Performance de Nunavut Suvanik Savut
Artiste: Cette dernière est intitulée « La scie ».
Performance de Nunavut Suvanik Savut
Artiste: La chanson que nous allons chanter est une célébration du retour du soleil et cela vient du nord du Baffis et Dave Halpa (ph.) va faire le tambour pour nous.
Performance de Nunavut Suvanik Savut
Serge Labonté: Merci. Ne partez pas, ne partez pas. J’ai un petit cadeau pour vous. J’aimerais vous remercier de cette belle performance. Alors venez ici s’il vous plaît. Merci beaucoup d’avoir pris du temps lors de votre période de relâche du mois de mars et voici un cadeau pour vous.
Maintenant j’aimerais vous présenter à quelqu’un que j’ai connu depuis très longtemps, le Dr. Louis Fortier. (Portion manquante) ...à bord du brise-glace de recherche canadien Amundsen et directeur scientifique d’ArcticNet, réseau canadien de centres d’excellence où on étudie la transformation des côtes dans l’Arctique canadien. Dr. Fortier dirige ArcticNet, un des efforts internationaux destinés à la science dans le monde aujourd’hui qui comporte plus de 100 chercheurs de 27 universités canadiennes et cinq ministères du gouvernement fédéral qui collaborent avec l’équipe de recherche. Titulaire d’une bourse post-doctorale de l’OTAN, Louis dirige la chaire de recherche du Canada sur les réponses des écosystèmes marins arctiques aux changements climatiques.
Louis a beaucoup d’honneurs, y compris récemment l’officier de l’Ordre du Canada et un doctorat honorifique de l’Université du Manitoba. (Portion manquante) ... lui ont décerné le titre d’officier de l’Ordre national du Québec. Il a également été nommé personnalité scientifique de l’année de 2008 par le Soleil et Radio-Canada. Louis, vous êtes déjà bien connu, mais je vous donne 15 minutes pour vous montrer à la hauteur de votre réputation. Dr. Fortier?
Dr. Louis Fortier: Merci beaucoup, Serge. La première diapositive, je pense qu’on commencerait immédiatement avec la présentation. La planète se réchauffe et un des endroits sur la planète qui se réchauffent le plus rapidement, c’est le monde arctique, donc le monde où vivent les Inuit et on utilise de plus en plus l’Arctique comme un baromètre de ce qui devrait se produire au cours des prochaines années, au cours du prochain siècle et je pourrais vous illustre ça, si on avait la présentation. Voilà, ici vous voyez les anomalies de température pour l’année 2005. C’est une carte générale de la planète. Vous voyez ici, l’Amérique du Sud, l’Amérique du Nord et vous voyez que les couleurs les plus chaudes qui correspondent aux principales anomalies de température se produisent toutes dans l’Arctique. Donc l’Arctique se réchauffe très rapidement à comparer au reste du monde et beaucoup plus rapidement que ce qu’on avait prévu.
Une des premières conséquences de ce réchauffement sera la diminution de la banquise de la mince couche de glace qui recouvre l’Océan Arctique. Cette couverture glaciaire, on pense que c’est statique comme une patinoire, mais en fait, c’est tout à fait dynamique. Ici, dans cette animation pour 2005, vous voyez l’accumulation de glace au mois d’octobre, à l’automne, ensuite l’hiver. Vous avez ces énormes rivières de glace qui s’écoulent des deux côtés du Groenland et quand le printemps et l’été arrivent, l’écoulement de glace diminue et la banquise revient à environ 8 millions de kilomètres carrés de glace marine.
Voici ce qui se passe à la fin de l’été, au mois de septembre, la glace atteint son minimum et les scientifiques étudient la taille minimale de la banquise en septembre depuis 50 ou 60 ans. Et ce que nous avons observé, c’est bien entendu comme le prédit la plupart des modèles climatiques, une diminution de la couverture de glace. Vous voyez, c’est le signe le plus évident du réchauffement du système arctique et vous voyez, qu’en l’an -- depuis l’an 2000, les choses ont accéléré en 2007 et 2008. Nous avons atteint des conditions tout à fait alarmantes dans l’Arctique avec une réduction énorme de la taille de la banquise. La banquise diminue beaucoup plus rapidement que prévu. Ce taux va au-delà des modèles climatiques les plus pessimistes.
Un des nombreux symptômes qu’on voit de la fonte, du réchauffement de la cryosphère, donc de la partie de la planète qui est froide, et en particulier ce qu’on observe également, c’est la disparition de plusieurs aspects du monde glacé. Par exemple, la régression des glaciers et des plateaux de glace côtiers, les plateaux côtiers sont des couvertures de glace qui ont de 40 à 50 mètres d’épaisseur, qui disparaissent graduellement et très rapidement. On voit aussi la déstabilisation des sols sur lesquels toutes les infrastructures sont construites dans l’Arctique avec des conséquences évidentes pour les gens qui vivent là, par exemple leurs maisons qui basculent dans la mer. Un autre symptôme qui est assez alarmant pour les scientifiques, c’est le début de la fonte de l’Inlandsis (ph.). C’est cet énorme glacier qui a parfois trois kilomètres d’épaisseur sur l’île du Groenland et le problème, c’est que toute cette glace au-dessus du niveau de la mer. Si elle fond, le niveau de la mer va augmenter partout dans le monde et certains pays vont carrément disparaître. Nous pensons donc que ces événements pourraient se produire sur 500 ou 1 000 ans mais si c’est comme pour la banquise, si c’est beaucoup plus rapide que prévu, nous allons découvrir des problèmes dès la fin du présent siècle à cause de la hausse du niveau de la mer.
Le dégel du monde arctique aura des conséquences environnementales, géopolitiques, économiques et sociales importantes et variées qui se manifesteront dans le monde entier. Pour étudier ces conséquences nous avons élaboré au Canada un réseau de centres d’excellence qui s’appellent ArcticNet, l’un des principaux outils d’ArcticNet, c’est la recherche menée par le brise-glace Amundsen qu’on va voir sur l’image suivante. L’Amundsen, comme vous allez le voir sur cette vidéo, si on peut la voir, c’est un outil extrêmement puissant pour étudier l’Océan Arctique, non seulement l’Océan Arctique mais tous les écosystèmes terrestres. C’est une espèce de clinique qui nous permet de visiter tous les villages du monde inuit pour mesurer la santé des habitants du Grand Nord, pour essayer de voir quelles seront les conséquences du changement climatique et de la modernisation sur les Inuit canadiens.
Le navire lui-même a environ 98 mètres de long. Il est équipé d’un équipement scientifique de pointe, des laboratoires extrêmement modernes qui nous permettent d’étudier tous les aspects de l’écosystème. Notre dernier joujou, c’est la où vit un sous-marin télécommandé et il n’est pas habité, mais ce sous-marin descend dans le puits central du navire qui nous permet d’étudier l’océan et les fonds marins. Voici quelques images prises par ce sous-marin robot. On découvre toutes sortes de choses étranges sur les fonds marins, par exemple ce corail nu qui a environ un mètre et demi de haut, très particulier, qu’on avait jamais vu avant d’avoir ce sous-marin robotisé.
Je pourrais vous parler des heures des expéditions et du travail que l’on fait sur l’Amundsen, mais le mieux c’est peut-être de vous présenter une petite vidéo qui vous montrera non seulement ce que font les scientifiques, mais aussi la façon dont nous établissons des liens avec les Inuit et aussi les gestes posés sur le navire. Ça vous donnera peut-être envie de faire carrière dans les sciences arctiques et de participer à ces expéditions un jour. Si on peut avoir le film...
Présentation d’une vidéo
Dr. Louis Fortier: Donc vous voyez que les équipes scientifiques qui travaillent à bord de l’Amundsen sont relativement jeunes. Il y a beaucoup de jeunes étudiants. On a même des jeunes étudiants du secondaire qui participent aux expéditions dans le cadre du programme Écoles à bord, sinon ce sont de chercheurs universitaires qui viennent de commencer leur carrière sur l’évolution du climat de la planète et sur l’évolution en fait de l’Arctique en général. J’espère que ces quelques images de l’Arctique et de ce qui se passe sur l’Amundsen vous auront donné un avant-goût et peut-être l’idée de faire carrière dans la recherche arctique. Merci beaucoup.
Serge Labonté: Merci beaucoup, Louis. Nous allons prendre le temps de prendre deux, trois questions de l’audience et nous avons même une question par internet qui nous vient de Burlington. On demande, quelqu’un demande qu’est-ce qui c’est que le puits central d’un bateau.
Dr. Louis Fortier : Le puits central du bateau, c’est un puits qui est creusé au travers de cinq des sept ponts du bateau, à l’intérieur même du bateau et bien entendu, la marge de ce puits est au-dessus du niveau de la mer, sinon chaque fois qu’on ouvrirait le puits, le bateau coulerait, mais nos ingénieurs ont pensé à tout et ce puits nous permet de déployer les instruments délicats qu’on utilise sur le bateau, donc d’avoir accès à la mer directement par l’intérieur du bateau sans avoir à sortir dans les – dans l’air très froid qu’on trouve là-bas. C’est donc un outil très utile qu’il y a dans ce bateau. L’Amundsen est le seul brise-glace canadien et l’un des seuls au monde qui soit équipé d’un tel puits.
Serge Labonté: Alors c’est pas fini. J’ai d’autres questions, une question d’Ottawa. A mesure que la glace fond et que la température de l’eau douce va augmenter, quels effets cela-t-il sur les courants?
Dr. Louis Fortier: L’Océan Arctique en général, la circulation va augmenter, va accélérer le problème de la fonte de la banquise et ça amène beaucoup d’eau fraîche, d’eau douce à la surface de la mer et cela ralentit la circulation turbo-avienne (ph.), c’est-à-dire l’eau de fond. Donc cette eau est très dense et elle a tendance à couler au fond, ce qui renouvelle la température des océans dans le monde entier. Donc on s’inquiète du fait que la fonte de la banquise arctique ralentisse cette courroie de transmission et influencera encore davantage le climat de la planète.
Serge Labonté: Une dernière question, en fait quelqu’un de très prolifique qui pose quatre questions. Je vais vous poser celle qui vous intéressera le plus. Quel est l’envergure du phénomène de la fonte des glaces arctiques, en d’autres mots, combien de temps faudra-t-il attendre avant qu’une ville complète ne soit noyée sous la mer?
Dr. Louis Fortier: Si je connaissais la réponse à cette question, en fait je pourrais faire beaucoup d’argent, mais au moment où nous nous parlons, il faut comprendre deux choses. Tout d’abord, la fonte de la banquise dans l’Océan Arctique ne va pas changer le niveau de l’océan parce que cette glace est déjà dans l’eau, mais la fonte des glaciers du Groenland par contre est préoccupante. Ça va se produire d’ici peut-être 1 000 ou 1 500 ans. L’Inlandsis du Groenland pourrait fondre complètement et dans ce cas-là, cela se traduirait par une augmentation du niveau de la mer d’environ sept mètres, ce qui veut dire que plusieurs villes et plusieurs régions du monde seraient submergées, par exemple une partie de la Floride, une bonne partie du Bangladesh, des pays comme cela qui sont très près du niveau de la mer, mais bien entendu, nous ne savons pas exactement quand ça va se produire. Nous croyons que d’ici la fin du 21e siècle, on pourrait assister à une augmentation du niveau de la mer de 50 centimètres à un mètre, mais comme nous l’avons vu avec la fonte des banquises, les choses peuvent se produire beaucoup plus rapidement que ce que les scientifiques ne peuvent le prévoir.
Serge Labonté: Excellente présentation et ça me fait plaisir de te remettre une publication sur...
Dr. Louis Fortier: Merci.
Serge Labonté: ...« L’Arctique en transition », pendant des longues croisières...
Dr. Louis Fortier: ...expéditions, je vais pouvoir me plonger là-dedans. Merci beaucoup.
Serge Labonté: Merci, Louis. Nous vous rappelons que vous pouvez consulter le réseau, le site web de ArcticNet, alors l’adresse est www.arcticnet-ulaval.ca
. donc www.arcticnet-ulaval.ca
. Nous allons maintenant passer aux mammifères marins. J’aimerais vous présenter monsieur Mike Hammill de Pêches et Océans Canada que viendra ensuite rejoindre sa collègue inuit, Caroline Weetaluk. Mike étudie les mammifères marins de puis 1978. Il dirige la section des mammifères marins de la région du Québec à Pêches et Océans Canada, à l’Institut Maurice Lamontagne à Mont-Joli au Québec depuis 1988. A l’heure actuelle, il étudie la dynamique des populations, l’écologie de l’alimentation, l’utilisation de l’espace et des mouvements des bélugas dans la nord du Québec. Cette région que l’on appelle également Nuvanuk – Nunavut, excusez-moi. Caroline aide Mike dans son travail pour le balisage des mammifères marins en mélangeant des approches traditionnelles et modernes. Elle vit à Kuujjuarapik, le village le plus au sud de 600 personnes sur l’est de la Baie d’Hudson. Ses ancêtres occupent ce territoire depuis plus de 3 000 ans. Le pêche, la chasse de caribou, le phoque et le béluga sont les principales activités économiques de Kuujjuarapik.
Au cours de centaines d’années de pêche, de chasse, de piégeage, les anciens ont appris à bien connaître l’écologie locale, y compris les mouvements et les habitudes des bélugas. Le projet de Mike Hammill s’efforce d’intégrer ce savoir dans ces études. Les résultats du projet nous aideront à mieux gérer es bélugas et donneront aussi un aperçu de l’état dans lequel se trouve l’écosystème de la Baie d’Hudson et de la Baie James et une idée de la façon dont les bélugas pourraient s’adapter aux changements climatiques. Commençons par écouter l’exposé de monsieur Hammill. Nous inviterons ensuite madame Weetaluk à se joindre à nous pour parler des connaissances que les Inuit ont des bélugas, de ces connaissances qui ont été si importantes pour ce projet. Mike, à vous la parole.
Mike Hammill: Merci beaucoup, Serge. C’est difficile de suivre Louis avec son exposé si dynamique et enfin j’espère pouvoir commencer avec quelque chose qui parle de bélugas. Bon les bélugas sont importantes pour les habitants du nord du Québec. C’est une proie qui est chassée, dans le cadre de l’économie de subsistance, la peau s’appelle le moctok » (ph.), c’est très fort en vitamine C, en fer, très peu de gras et la viande mangée par les Inuit est assez maigre en général et c’est une diète très saine. Ce que je voulais faire, c’est étudier les déplacements des bélugas, ce qu’ils font, où ils vont et aussi demander aussi aux gens du secteur qu’est-ce que vous observez? Nous, nous interprétons un peu ce qui se passe avec deux, ou trois baleines. On voit où elles vont pendant un ou deux mois, mais les Inuit sont là toute l’année, 365 jours par année depuis des années. Donc on leur demande ce qu’ils observent, est-ce qu’ils sont d’accord avec nos conclusions des observations télémétriques ou plutôt est-ce que les observations télémétriques concordent avec le savoir traditionnel et sinon, pourquoi.
Alors pour ce qui est de la télémétrie, ce qu’on voulait faire c’est de baser des émetteurs satellitaires sur les baleines. Alors le principe de la – du balisage par satellite, c’est que l’émetteur transmet un signal à un satellite qui retransmet ce signal à une base terrestre et on a des (inaudible) de trois à six heures, entre la réception du signal par la station et le moment où on peut y avoir accès. Donc on peut savoir très rapidement où se déplacent les baleines en étant assis dans notre bureau à Québec ou à Ottawa alors qu’elles se promènent dans le nord de la Baie d’Hudson.
Le travail que j’ai entrepris il y a plusieurs années avec Caroline, on travaille – ça fait presque dix ans maintenant qu’on collabore et ça continue. On a commencé à la Rivière de la petite baleine dans l’est de la Baie d’Hudson. On voulait capturer des baleines. On les capture avec un filet ancré au rivage. Ça prend un certain temps et parfois on arrive à les rabattre vers le filet. D’autres fois, il faut attendre que les baleines passent et se prennent dans les filets. Pardon? Les baleines, c’est Caroline qui nous aide à défaire les filets. D’habitude c’est elle qui nous donne un coup de main. On pose l’émetteur sur le dos de la baleine. C’est composé de trois aiguilles qui – c’est fixé dans le cartilage. C’est un peu comme se percer les oreilles, mais ces animaux font huit, neuf pieds de long. C’est beaucoup plus gros que nous et donc c’est le même principe que de se percer les oreilles et ensuite, ça porte le transmetteur. Le transmetteur à une vie utile d’un mois à sept mois environ. On a en posé six au mois de juillet cette année. Il y en a encore deux qui fonctionnent aujourd’hui. Voici la fin de l’opération. On la libère, on vérifie, on la désinfecte pour être sûrs qu’elle n’ait pas de problème, ensuite on la libère et après une dure journée de travail, eh bien on s’amuse. Moi, je ne suis jamais aux cartes, parce que Caroline me bat toujours.
Voici quelques résultats. C’est un peu dur à comprendre mais quand on pose ce transmetteur dans l’est de la Baie d’Hudson, voici ce qu’on obtient : un schéma assez régulier de déplacements entre les régions côtières et un canyon qui est un peu plus loin en mer. Donc les baleines vont au large pendant sept, huit jours et ensuite reviennent au bord. On ne sait pas exactement pourquoi elles font ce déplacement. Quand elles sont en mer, elles sont plus près de la surface, plus visibles et plus près des côtes, elles plongent davantage et elles pénètrent même dans les estuaires des rivières. Les graphiques en bas montrent la régularité de ce comportement, c’est assez frappant.
Donc les mouvements, ces bélugas font parfois de très longs déplacements, passent l’été dans l’est de la Baie d’Hudson, vont jusqu’à 160 kilomètres en mer et ensuite restent là jusqu’à environ la troisième semaine d’octobre. Une fois qu’elles décident de se déplacer, elles se déplacent rapidement. Elles atteignent le nord de la Baie d’Hudson près de Vuiavik (ph.), ça leur prend à peu près cinq jours. Nous, ça prend une heure pour faire ce trajet en Dash-8 et ensuite, elles se dépêchent jusqu’à Quaktak (ph.), l’entrée de la Baie d’Ungava, Quaktak ici, ça, ça leur prend à peu près dix jours. Donc toute cette distance en dix jours. Une fois qu’elles passent ce point, elles s’installent dans la baie de l’Ungava pour y passer à peu près un mois, probablement pour se nourrir, mais on est pas certains, mais une chose qu’on observe, c’est qu’il y a ce mouvement entre la côte et la haute mer. L’été ensuite, elles se tiennent très près des côtes jusqu’à ce qu’elles se rendent jusqu’à la Baie d’Ungava pour se (inaudible) un peu. Ça c’est à cause de la formation des glaces et que les animaux ne peuvent pas s’approcher du bord autant. Elles restent donc dans la Baie de l’Ungava pendant un mois et ensuite, sortent de cette baie et descendent le long de la côte du Labrador, très bas. Quelques animaux sont restés là jusqu’au printemps, jusqu’à ce que leur transmetteur cesse de fonctionner en février ou mars. Nous ne savons pas quand elles sont revenues, mais c’est là où elles ont passé l’hiver.
Qu’est-ce qu’elles font dans ces coins-là? Probablement qu’elles se nourrissent. Pour avoir discuté avec les Inuit, nous croyons que les baleines s’engraissent pendant l’hiver et perdent leur gras pendant l’été. Donc pendant l’hiver, à ce temps-ci de l’année, elles plongent, elles plongent très profondément. Ici, on voit l’envergure des plongées. Tout ça, c’est au-dessus d’un canyon qui a environ six cents mètres de profondeur et c’est là où les animaux passent le gros de leur temps.
Maintenant, un volet un peu différent du projet, nous avons travaillé dans la Baie James. Donc, une des régions les plus au sud dans l’aire de distribution des bélugas. Nous travaillons là depuis deux saisons, près de Bisme (ph.) et là le schéma de comportement est différent. Plutôt que de se déplacer entre les côtes et la haute mer en été pour hiverniser le long de la côte du Labrador, ces animaux-là restent là. Ça, c’est un seul individuel. On a posé l’émetteur au mois de juillet. Il a passé tout l’été là, septembre, octobre, décembre. Il s’est un peu déplacé, mais il n’a pas maigri du tout. Donc on a deux groupes de bélugas complètement. Ceux qui font de longues migrations en hiver comme les animaux de l’est de la Baie d’Hudson et un autre groupe dans la Baie James qui est une population beaucoup plus nombreuse, et eux hivernisent dans la Baie James.
Nous ne nous contentons donc pas d’observer les mouvements, nous essayons de voir ce qu’ils font aussi sous l’eau. Alors en rouge, c’est ça que c’est, le déplacement en surface, donc le déplacement horizontal, mais il y a toute une autre série de déplacements verticaux, la plongée pour trouver de la nourriture. On essaie de mettre au point des techniques d’analyse pour comprendre parce que nous ne connaissons pas grand-chose au sujet de l’alimentation et des plongées. Ces transmetteurs nous donnent de l’information sur les profondeurs, les vitesses de déplacement et aussi la température de l’eau. Ça c’est intéressant parce que voici un profil dans l’est de la Baie d’Hudson, vers la fin octobre, vers 25 mètres. On a une température entre 1 et 1,4̊C. Dans la Baie James par contre, quelques jours plus tard, on va à 25 mètres et voit que la température de l’eau est d’environ 5̊C, beaucoup plus chaud donc. Peut-être que les bélugas ne sentent pas qu’elles ont besoin de quitter la Baie James parce que l’eau y est moins froide et même si une partie de la Baie gèle, certains autres secteurs restent dégagés.
Voici des transmetteurs, voici la haute technologie. Maintenant nous allons passer à une technologie moins sophistiquée en attendant, sans sous-estimer cette technologie, mais ça nous aide à comprendre les choses. Donc on a travaillé avec la corporation Makivik (ph.) qui a gardé une base de données avec les chasseurs et nous essayons de comparer les résultats de cette base de données de notre transmetteur par satellite.
Donc, de la part des chasseurs, j’aimerais vous souligner cela. On voit des bélugas dans ces régions pendant tout l’été, mais l’observation des bélugas se fait jusqu’à 5 000 et avec les transmetteurs par satellite, on voit que ces bélugas vont jusqu’à 100 milles de la côte, donc où vous avez ce mouvement près de la côte et à l’extérieur de la côte, mais ce qu’on ne comprend pas, c’est toute la distribution autour de la côte. Il n’y a pas d’explications à cela. Les chasseurs ne veulent pas aller plus loin parce que c’est dangereux, et les baleines ont tendance à se concentrer dans cette région. Donc cela vous aide à comprendre cette perspective.
Pour ce qui est du transmetteur par satellite, on voit beaucoup d’animaux, beaucoup de bélugas dans une région. Donc on a une bonne idée de ce que font ces animaux et ça vous donne un échantillonnage de cette région. Pour ce qui est de l’été, l’idée est pareille, les transmetteurs par satellite indiquent que les bélugas quittent et vont dans la Baie d’Ungava et sur la côte du Labrador. C’est très intéressant. Selon les observations des Inuit, on ne voit pas cela. On dit qu’il y a quelque chose de différent, mais selon les Inuit, il y a des bélugas dans la Baie d’Hudson et la Baie James.
Nous pouvons comprendre cela car il y a différentes perspectives et il y a différents échantillonnages sur la chasse. C’est important de prendre cela en compte pour comprendre. Il y a deux points de vue à cela, mais ce qui est intéressant, c’est qu’il y a des confirmations de deux sources de données : la première, d’une connaissance locale et l’autre par satellite. Alors il y doit y avoir quelque chose de solide pour ce qui – quant à l’interprétation.
Je vais céder la parole à Caroline. C’est tout pour maintenant.
Caroline Weetaluk: Bonjour. Je suis Caroline Weetaluk du Nunavik. Je travaille avec Mike depuis 2000. Je m’intéresse aux bélugas depuis très longtemps. Je les observe depuis que j’étais très jeune. Je m’intéresse aux bélugas. J’aimerais savoir si nous sommes en train de perdre nos bélugas ou si – est-ce que les bélugas vont disparaître pour toujours? J’aimerais que mes descendants puissent voir des bélugas également. J’aimerais que mes petits-enfants, que mes arrière-petits-enfants puissent voir des bélugas. C’est mon point de vue et c’est pour cela que je travaille avec Mike sur cette recherche. Je mange encore du béluga. C’est dans mon sang, je mange du béluga mais je ne veux surtout pas perdre les bélugas.
Il faut s’assurer qu’il y ait des bélugas à l’avenir. C’est drôle que nos grands-pères – le grand-père de Mike et mon grand-père, et le mien travaillaient ensemble, quand on s’est rencontré pour la première fois, car nous venons de la Baie James. Mon grand-père habitait à la Baie James avant. C’est comme ça qu’on a commencé à discuter de ces histoires et nous nous sommes rendu compte que c’est un – que le monde est grand, mais c’est un petit monde en même temps. Ça a été une bonne chose de travailler ensemble. Si cette connaissance est transmise des deux côtés, il y a deux types de connaissances. Ça c’est mon point de vue. Si nous travaillons ensemble, nous allons en connaître davantage. C’est tout ce que j’ai à dire. Merci.
Serge Labonté: Vous avez terminé?
Mike Hammill: Oui, nous avons terminé.
Serge Labonté: Je crois qu’on a le temps de répondre à des questions de l’auditoire.
Question : Comment le projet est mené? Les problèmes qu’ils ont avec les animaux, tout le plaisir qu’ils ont sur le terrain?
Serge Labonté: Veuillez vous rendre au microphone s’il vous plaît.
Question : Bonjour. Merci de votre présentation. Elle est très intéressante. Ma question est de savoir pendant combien d’années vous pouvez étudiez les bélugas et quelle sera la conclusion de cette étude?
Mike Hammill: Pour cet aspect en particulier, le travail sur le terrain va durer pendant un an. Nous allons poursuivre dans différents domaines. Nous allons poursuivre dans d’autres domaines. Nous voulons que les chasseurs nous aident sur l’échantillonnage, que mangent les bélugas, est-ce que c’est -- quand les bélugas se déplacent dans certaines eaux, est-ce que c’est pour la reproduction? Nous voulons essayer de comprendre cela. Cela est lié à un aspect immédiat de la gestion. Nous nous préoccupons du nombre des bélugas. Nous essayons d’identifier des domaines où on peut augmenter la protection et identifier des domaines où on peut permettre la chasse. Sur une base théorique, nous avons la question de température. C’est une question de prévision de l’océan. Louis a un énorme navire qui est très beau, mais ce n’est pas là pendant l’hiver. Ces bélugas se déplacent pendant l’hiver et Louis a ce beau navire, mais c’est ça le Canada. Donc il peut être dans la Baie d’Hudson et l’année d’après, peut-être que sa priorité va être ailleurs. Donc nous voulons des données sur la solidité et la température des bélugas. Donc c’est lié à d’autres études également.
Pour ce qui est des autres aspects, nous prévoyons que la calotte glacière va changer à l’avenir. Donc cela va ouvrir des domaines. Peut-être que ça va diminuer la migration dans la Baie d’Hudson. Nous ne le savons pas et en même temps, d’autres baleines pourraient migrer dans ce domaine et cela pourrait augmenter la compétition pour se nourrir et ce n’est pas ça, le grand problème, mais s’il y a un déclin dans la calotte polaire, eh bien beaucoup de – d’orques et cela pourrait diminuer la population.
Serge Labonté: Merci. Je crois que nous avons une autre question.
Question : Bonjour. J’ai une question amusante. Comment préparez-vous la viande béluga pour la consommation et ça goûte quoi, la viande de béluga?
Mike Hammill: Nous séchons la viande ou nous bouillons la viande. Ça goûte très bon. Moi, je trouve que ça goûte mais je ne sais pas si vous, vous allez trouver ça bon. Oui, nous fumons également la viande du béluga. Nous séchons et fumons la viande de béluga. Ça goûte très bon.
Question : L’avez-vous déjà essayé, Mike?
Mike Hammill: Merci. Je préfère le « moctok » plutôt que la viande.
Serge Labonté: Merci beaucoup de votre présentation, Caroline et voici un cadeau et Mike également. Pour en savoir davantage sur les projets de science en cours à Pêches et Océans, veuillez vous rendre à notre site web au www.dfo-mpo.gc.ca/science
. Souvenez-vous de cette adresse. Allez sur le site web du MPO et allez voir le lien des sciences.
Maintenant j’aimerais passer des baleines à la glace, les Etudiants sur glace précisément. Les Etudiants sur glace offrent des expéditions uniques dans l’Arctique et dans l’Antarctique. Cela inspire une nouvelle génération d’étudiants et d’enseignement avec des occasions d’apprentissage à la fin – aux confins de la Terre. Ils se sont montrés très actifs durant l’Année internationale polaire et veuillez accueillir Samantha Darling qui va nous présenter une vidéo sur ces aventures polaires. Samantha?
Samantha Darling: Merci. Bonjour, mon nom est Sam. Je représente les Étudiants sur glace. Malheureusement Jeff Green n’a pas pu se présenter aujourd’hui. Alors on m’a dit d’être ici à sa place. J’aimerais vous donner quelques mots à propos d’Étudiants sur glace, Nous faisons des expéditions dans l’Arctique et l’Antarctique avec des étudiants du secondaire et de l’université pour les sensibiliser aux changements climatiques et aux questions de l’Arctique. En général, nous prenons de 65 à 75 étudiants et 35 chercheurs et scientifiques lors de nos expéditions. Nous venons de terminer notre expédition universitaire, la première à la fin du mois de février. Alors maintenant nous allons mettre au point cet aspect-là. Nous avons eu la chance d’avoir de la commandite pour commanditer 10 étudiants pour la prochaine expédition qui aura lieu en juillet.
Alors s’il y a quelqu’un qui est intéressé, allez voir notre site web.
(site web non disponible en français) Heureusement, nous avons eu beaucoup de commanditaires généreux qui nous ont permis de dire que 75% de notre expédition ont été – 75% des étudiants ont été financés. Nous aimerions que cela aille à 100 %. Les étudiants font des demandes de partout dans le monde. 32 pays ont participé dans le passé et j’espère que nous allons augmenter ce chiffre autant que possible. Nos étudiants sont très actifs dans les questions de l’Arctique et dans la question de la jeunesse en général. C’est une question qui a été soulevée et des décisions ont été prises à propos de la Baie Isabella depuis les six derniers mois et nos étudiants ont fait partie de cette initiative. Jenna Dickson et Bailey (ph.) ont activement fait la promotion de cette baie. Alors je suis ici pour vous présenter une vidéo qui est une perspective de l’API et des initiatives qui se produisent et des questions portant sur l’Arctique en général.
(Présentation d’une vidéo)
Samantha Darling: L’API est un effort concerté qui a changé la science depuis les 25 dernières années.
(Suite de la vidéo)
Samantha Darling: L’API a aidé les chercheurs à nous aider à comprendre des choses de façon intégrée plutôt que de façon isolée et cette API va amener cela à un niveau différent. Cette année internationale polaire examine les choses de façon différente par rapport à l’autre API. C’est un regard plus social. Il y a le programme où il faut s’intégrer avec des communautés inuit dans le nord et il faut examiner les programmes – problèmes auxquels font face le monde et les plus grands signaux se trouvent dans le nord et c’est là où on peut faire des changements.
(Performance d’une chanson)
Cette API doit laisser un legs et ce que les habitants du nord ont dit depuis longtemps, c’est qu’afin de laisser un legs, il faut faire participer le nord et ses habitants. Avant les chercheurs et les scientifiques venaient ici et étudiants l’environnement et les habitants et quittaient et on ne savait ce qui se passait vraiment. Alors il est donc très important d’avoir la perspective du peuple inuit et d’autres peuples autochtones. C’est important que ce soit pris en compte dans le processus, que ça fasse partie intégrante de la connaissance qui est mise au point dans ces projets de l’Année polaire internationale. Donc le défi à relever c’est de déterminer comment rassembler ces deux bases de connaissances pour travailler ensemble. La calotte polaire fond, les habitats changent. Il y a peut-être plus de chasse car les espèces diminuent à cause du changement climatique. Donc ils ont des points de vue différents par rapport aux changements climatiques.
Nos jeunes du Nunavut, du Nunavik, de Terre-Neuve et Labrador, des Territoires du Nord-ouest, du Yukon et de l’Alaska, nous pouvons en apprendre beaucoup des autres autour du monde. Ainsi que des étudiants du monde. Ces étudiants peuvent apprendre de nous et nous pouvons en apprendre les uns des autres et à ce moment-là, nous ne seront plus ignorants. Il est donc très important que les jeunes puissent transmettre les connaissances territoriales, car il faut apprendre cela des Innu maintenant. Ils ne seront pas toujours éternels. Il faut apprendre cela des enseignants également, si les choses vont trop loin. Ils ont des cultures différentes et ils viennent d’endroits différents. Ils ont des vies différentes. Ils ont une façon différente de penser. Alors si je pense seulement aux étudiants chinois, peut-être qu’on met trop l’accent sur les mêmes sujets. Je suis ici avec d’autres étudiants internationaux et j’ai une vue plus grande du monde. Une fois que les étudiants ont une compréhension de l’interdépendance et l’Interconnexion, ils comprennent mieux comment évoluer pour l’avenir et comment créer une société.
Notre système d’éducation à tous les niveaux de la connaissance des autochtones du nord et des autres écoles doivent tous être pris en compte lorsqu’on veut comprendre l’aperçu général de notre planète. Ce n’est pas seulement une planète qui tourne dans l’espace. C’est une planète sur laquelle nous sommes des passagers. Nous ne dirigeons pas cette planète, mais il faut apprendre comment vivre sur cette planète qui tourne, qui a toute une étendue d’espèces vivantes, de bactéries, des baleines et de plus en plus d’êtres humains qui ne comprennent pas ces choses et j’espère que nos jeunes vont mieux comprendre. J’ai l’espoir, j’ai confiance en fait que notre environnement va être meilleur. J’espère que mes enfants vont faire partie d’un grand mouvement tel que l’Année polaire internationale. C’est grâce à cette expérience que je peux réfléchir à ce que je peux faire au-delà de ma communauté pour le monde et cela vraiment, c’est comme une graine que j’ai semée et ça commence à pousser.
Je crois que le legs de la prochaine génération fait partie des résultats les plus essentiels de l’Année polaire internationale. Ce sont les jeunes qui vont poursuivre les prochaines décennies de recherche polaire et les choses ne seraient pas pareilles si nous n’avions pas ces personnes incroyables qui passent leur vie à étudier les régions polaires de la planète. J’ai participé à la dernière année polaire internationale et c’est à ce moment-là que je me suis rendu dans l’Antarctique. J’avais 57 et c’est comme ça que j’ai commencé ma carrière polaire. En 1948, on m’a invité à m’y rendre. Alors je m’y suis rendu comme géologue responsable et ce qu’est devenu l’Antarctique, une expédition conjointe avec la Suède et d’autres pays et nous sommes restés là pendant trois ans. Les jeunes personnes sont la prochaine génération des lecteurs et la prochaine génération de scientifiques environnementaux, de chercheurs de l’environnement. Je crois qu’on pourrait les aider à changer leur orientation, à les sensibiliser à notre monde. Donc c’est du temps que l’on dépense bien avec eux.
A long terme, les problèmes du monde vont être réglés en commençant par les jeunes. C’est incroyable à quel point ça fonctionne. Je crois que les étudiants sont très curieux. Ce n’est pas difficile de les attirer, de les faire travailler sur les sites et ces étudiants observent, découvrent des choses. J’aime parler des étudiants car ce n’est pas comme si on parlait à un auditoire de fonctionnaires du gouvernement. Les jeunes nous écoutent. Nous en sommes à un point tournant et ce sont ces jeunes qui vont s’occuper de nous à l’avenir et je crois que les jeunes sont capables de s’occuper de ces questions.
La nature internationale de l’API est une des composantes clés. Les régions polaires représentent un symbole de la paix, de la compréhension, et de la coopération internationale. L’Antarctique est le seul continent que personne ne possède. Il n’y a jamais eu de guerre. L’Arctique est aussi un territoire qui est partagé par les nations circompolaires et cela touche tout le monde sur la planète. Nous nous rendons compte, alors que nous exploitons la Terre, que nous ne sommes pas au courant des effets de nos activités individuelles sur d’autres personnes sur cette planète que nous partageons tous ensemble.
Je crois que cette année polaire internationale 2007 aura des répercussions sur les personnes pour ce qui est du changements climatiques et la durabilité. Il faut passer le flambeau dans la civilisation, comme dans un relais et la personne doit être prête à attraper ce flambeau. C’est notre obligation, donc de transmettre des connaissances à propos de cette race avant de passer le flambeau.
(Présentation d’une vidéo)
Serge Labonté: Merci beaucoup pour ce beau vidéo. Je vous présente maintenant le directeur du Cercle canadien des glaces et co-directeur du service canado-américain des glaces de l’Amérique du Nord. Doug est l’autorité sur les eaux navigables dans l’Amérique du Nord. Il a participé dans la science climatique pendant toute sa carrière. Doug est diplômé de l’Université de Victoria, diplômé spécialisé de premier cycle en météorologie de l’Université McGill et a une maîtrise en sciences, en océanographie physique du Collège militaire royal. Doug, je vais vous donner l’occasion de présenter vos collègues dans l’Arctique et nous avons le lien en passant.
Doug: Je vous très heureux de travailler avec le professeur Jan Bottenheim à Environnement Canada dans l’Arctique. Jan possède une excellente réputation en qualité de chercheur et de leader du projet OSAIS. OSAIS est l’acronyme de Ocean Atmosphere Sea Ice Snowpack qui traite de l’océan, de l’atmosphère, de la glace de mer et de la neige. Nous avons Jan en ligne, Tammy Stephen et Ralph Stabler et une quatrième personne que je ne reconnais pas. Ces personnes sont dans l’Arctique et qui – ces personnes étudient les niveaux d’ozone et la pollution de l’air. Ils essaient de voir comment la pollution se rend dans l’Arctique et comment l’Arctique tolère cette intrusion et quelles répercussions il y aura dans l’écosystème, advenant la fonte de la banquise.
L’équipe de monsieur Bottenheim utilise un petit laboratoire chimique perfectionné et entièrement automatisé et élaboré par Environnement Canada et conçu pour les températures extrêmes de l’Arctique où les températures sous la barre des moins 40̊. Le laboratoire OUTI, Out on the Ice, ou laboratoire sur la glace se compose d’instruments de mesure sensibles montés sur un traîneau spécial tiré par une motoneige. Je ne sais pas si on me parle à moi ou à quelqu’un d’autre. Sans plus tarder, bonjour monsieur Bottenheim. Bienvenue à notre webdiffusion. Comment se déroule vos travaux?
Jan Bottenheim: On n’a pas pu avoir de contacts sur la banquise. Il a fallu revenir sur terre, sur le continent ce qui nous a permis de rejoindre les autres membres de l’équipe, derrière moi, Tavastoi Kanetcheva (ph.) qui peut répondre à toute question en bulgare ou en russe si vous le voulez, Tammy Stephen qui est la spécialiste du mercure, qui pourrait répondre aux questions en français, aux questions en français et Ralph Stabler à côté de moi, répondra aux questions en allemand, et moi, je peux répondre aux questions en hollandais si vous voulez, mais pour que les choses soient plus simples, nous allons nous contenter de parler anglais aujourd’hui.
Moi, je ne vois pas l’exposé donc je tiens pour acquis que tout est affiché à l’écran. C’est ce qu’on appelle OSAIS dans l’Arctique et ce que vous voyez, c’est une photo qui nous montre en train de travailler. L’an dernier à côté du brise-glace Amundsen. Voici maintenant nos quatre collègues. Ce sont eux qui font le travail sur le terrain et voici ce qui nous préoccupe dans notre travail. Nous nous intéressons à la pollution. Alors qu’est-ce que la pollution. Voici quelques exemples de polluants qu’on trouve dans l’air. La fumée, les vapeurs de voitures, la poussière, le mercure, les pesticides, la plupart des gens qui vivent dans le nord croient que leur mode -- croyaient que leur mode de vie ne serait jamais menacé par la pollution, mais malheureusement comme nous le savons maintenant, ils avaient tort.
Pourquoi se soucier de la qualité de l’air? Eh bien, nous respirons beaucoup d’air, environ 10 000 litres d’air par jour. Les vents peuvent transporter la pollution partout dans le monde. Certains polluants peuvent passer de l’air dans les écosystèmes. Donc ce n’est pas l’air seulement qui nous intéresse. Il faut penser de façon globale. Il faut penser aux écosystèmes, les animaux la mangent et les humains aussi.
Alors pourquoi se soucier de la qualité de l’air dans l’Arctique? Eh bien, passons à l’image suivante. La pollution peut se rendre jusqu’à l’Arctique. Vous voyez ici, ces usines qui ont toutes sortes d’émissions polluantes, qui se retrouvent jusque dans le Grand Nord. L’Arctique produit peu de polluants, mais on les trouve quand même dans la région et ce qui nous amène dans le vif du sujet. L’Arctique sous-exploré, surtout la calotte glacière est une des régions les moins explorées de la Terre. Pourquoi? Et c’est pour ça qu’on travaille là. Évidemment c’est pas facile de travailler dans l’Arctique. Parfois les choses tournent très mal et on perd de l’équipement. Parce que parfois, la banquise fond et l’équipement sombre dans la mer.
Ici, on vous montre notre laboratoire mobile. Je vais vous dire que c’est fascinant comme travail. C’est très enrichissant, c’est très amusant aussi. Il y a de l’aventure et on rencontre des gens extraordinaires. Il y a aussi des choses qui sont un peu moins intéressantes. D’abord bien entendu, il faut froid, même très froid. C’est très dur physiquement et je peux vous dire qu’après une journée de travail, on est épuisés. Donc ça peut être extrêmement frustrant aussi. On fait face à des difficultés tout à fait bizarres et on est souvent très loin de chez soi aussi pendant de longues périodes.
Ce qui nous intéresse en particulier, ce sont des choses comme l’ozone et le mercure. Ce que je vous montre ici, c’est un graphique qui – bon, on voit horizontalement la période de février à mai et verticalement, les taux des teneurs en ozone et mercure. Voici ce à ce qu’on – ce à quoi on s’attend en théorie, mais voici ce qu’on observe en réalité. Donc ces taux ne sont pas du tout stables. Ça varie tout le temps et ça, c’est très perturbant de voir ça. Quand on voit de près, parfois l’ozone et le mercure disparaissent complètement. On ne peut même pas mesurer et on se demande pourquoi un tel phénomène se produit.
Eh bien, nous savons maintenant plus ou moins et c’est vraiment préalable que c’est dû à des réactions chimiques entre l’ozone et le brome qu’on trouve dans le sol marin, le bromure du sel marin. D’où ça vient? Eh bien l’Océan Arctique, surtout au printemps, on a toutes sortes de types de surfaces, de la vieille glace, des ouvertures d’eau, de la glace neuve qui gèle, des choses qu’on appelle les fleurs de glace, c’est très joli, et enfin on a bien entendu de la neige.
Dans l’image suivante, nous posons la question, eh bien ce que nous étudions, c’est la dissipation de l’ozone et du mercure parce que ça fait peur quand on découvre quelque chose de tout à fait prévu. Pourquoi s’inquiéter de l’ozone? Eh bien, il y a plusieurs raisons. D’abord l’ozone n’est pas seulement nuisible dans la stratosphère, par exemple à 10 kilomètres et plus, ça nous protège contre les radiations néfastes du soleil. L’ozone est responsable pour l’élimination de la plupart des polluants que nous libérons dans l’air. Évidemment quand on pense au smog, on se dit c’est très mauvais pour la santé, surtout dans les grandes villes et enfin l’ozone est un gaz à effet de serre très puissant.
On se demande maintenant pourquoi s’inquiéter du mercure? Eh bien le mercure est un polluant très toxique et nous savons qu’il se retrouve très facilement dans l’Arctique. C’est une toxine qui s’accumule très rapidement dans les chaînes alimentaires et des niveaux très élevés de H2 se retrouvent dans les – dans l’alimentation des gens qui vivent de la terre, et donc nous ne savons pas la réponse, mais nous nous demandons si le mercure disparaît de l’air, où est-ce qu’il se retrouve et pourquoi il disparaît. Donc voici les questions que nous nous posons dans le cadre de ce travail et est-ce que ce phénomène se produit partout dans l’Arctique, la disparition de l’ozone et du mercure.
Deuxièmement, qu’est-ce qui se passe une fois que l’ozone a disparu, parce que l’ozone est détruit. Il ne revient pas. Ensuite qu’est-ce qui se passe s’il n’y a plus de glace dans l’avenir l’été, ce qui risque de se produire très bientôt et on a besoin de la glace pour s’occuper de l’ozone. Ensuite, s’il n’y a plus de glace, il y aura davantage de navigation. Alors quel effet cela aura-t-il? Ensuite où s’en va le mercure? Parce que contrairement à l’ozone, le mercure n’est pas détruit. Il doit aller quelque part. On peut aussi se demander que va-t-il se passer s’il y a davantage de mercure qui se dépose dans l’Arctique. Et ce mercure, évidemment, on se demande quel effet cela aura-t-il s’il y a un changement climatique.
Bon passons maintenant à l’image suivante où je résume ce court exposé. L’Arctique est une région exceptionnelle du monde. Il y fait froid en hiver, on y trouve de la glace et de la neige, beaucoup mais il y a quand même de la vie. Il ya des choses qui bougent même en hiver et certainement au printemps. Ensuite l’Arctique est très productif pendant l’été et c’est très vert, très ensoleillé, les journées sont très longues et beaucoup d’espèces viennent s’y nourrir, des oiseaux, ces baleines, etc.
Nous savons qu’il y a des réactions chimiques aériennes qui ont un effet sur le dépôt de ces nutriments et polluants dans l’Arctique. Cependant on comprend très mal la chimie de ces phénomènes. Donc il reste beaucoup de questions auxquelles nous manquons de réponse. Nous savons que l’air dans une grande partie de l’Océan Arctique, pratiquement pendant toutes les saisons, n’a pas du tout été exploré. C’est un grand vide sur le plan des connaissances et en résumé, l’Arctique subit de grands changements climatiques, surtout pendant l’été. Donc nous ne savons pas vraiment ce qui se passe et nous ne savons pas ce qui va se passer dans l’avenir. Il y a donc un défi scientifique extraordinaire dans l’Arctique, surtout au-dessus de l’océan et dans l’air et c’est vraiment le but du projet OSAIS. Alors voilà la fin de notre exposé.
Serge Labonté: Est-ce que nous avons des questions ici à Ottawa qui s’adresseraient aux membres du projet OSAIS?
Question : Moi, j’ai une brève question. Dans cette terre très immobile, surtout quand il faut moins 40̊, comment empêcher que les motoneiges faussent les lectures concernant les polluants?
Jan Bottenheim: Très bonne question et la réponse, c’est qu’on éteint les moteurs des motoneiges dès qu’on commence à prendre des mesures. Nous avons encouragé aussi les gens à mettre au point des motoneiges électriques et ça s’en vient. Il y a beaucoup de place au développement dans ce domaine parce qu’on – c’est sûr qu’on a une interférence mais on fait des mesures en éteignant le moteur des motoneiges et dans le système OUTI de ce laboratoire mobile, nous avons des batteries solaires. On installe le matériel, on s’en va et on reste loin le plus longtemps possible et le laboratoire fonctionne tout seul en fait, sans nous.
Serge Labonté: Merci beaucoup encore une fois, Jan. Je ne pas comment on va vous faire ce petit cadeau par voie électronique. Merci beaucoup. Nous avons un petit cadeau que je vais remettre à Doug. Je demanderais maintenant à Mike et à son collègue de venir nous - et à Louis de venir nous voir. Je vais vous poser une très très brève question. Je vous demanderais en une minute de nous dire ce qui a été accomplie après une année polaire, si vous pouviez résumer cela en une minute.
Personne non identifiée : De mon point de vue, de façon très générale, il faut convaincre les décideurs, les élus que ce sera profitable si notre économie cesse d’être basée sur les combustibles fossiles et pourrait devenir une économie verte parce que tout ce qu’on voit dans l’Arctique, les fontes des glaces, c’est lié à l’émission de gaz à effet de serre. Ça a été démontré très clairement en Europe qu’on peut en fait faire – prendre le virage vert facilement et faire beaucoup d’argent. L’industrie en fait attend un signal clair de la part des gouvernements pour prendre ce virage. Si quelque chose ressortait de l’Année polaire internationale, ce serait de réduire l’incertitude concernant les changements qui risquent de se produire. Donc mieux on sera informés, mieux on sera en mesure de prendre des décisions éclairées.
Personne non identifiée : De mon point de vue pour l’Année polaire internationale, c’est de rapprocher les gens qui vivent là-bas et les gens qui viennent du sud et qui partent avec les oiseaux à l’automne, de rapprocher nos deux peuples.
Personne non identifiée : Pour moi aussi, travailler ensemble, c’est ça qui nous permettra de nous comprendre les uns et les autres.
Serge Labonté: Merci beaucoup, si vous avez des questions maintenant dans la salle, que vous voudriez poser à nos conférenciers, avant qu’ils ne disparaissent dans l’Arctique pour un an, alors est-ce qu’il y a des questions dans la salle? Non? Très bien. Alors dans ce cas-là, je vous remercie. Je crois qu’il faut conclure. Nous dépassons un peu le temps prévu. Pour ce qui est de la transmission sur le web, j’aimerais remercier le bureau fédéral de l’Année polaire internationale, le personnel de Pêches et Océans, des Affaires indiennes et du nord, et d’Environnement Canada ainsi que nos invités d’ArcticNet, les Etudiants sur la glace, Caroline Weetaluk, le Nunavut Savunik Savut, c’est-à-dire les danseurs et chanteurs de tout à l’heure. Pour tous ceux qui sont branchés sur le web, merci de nous avoir écoutés et au revoir.